Le portage salarial : Une solution à mi-chemin entre salariat et entrepreneuriat

Mis en place dans les années 80 pour aider les cadres séniors en recherche d’emploi à trouver des missions en lien avec leur savoir-faire, le portage salarial est aujourd’hui devenu monnaie courante : son utilisation a même été multipliée par 10 ces 10 dernières années. Focus sur ce modèle qui fait le lien entre le salariat et l’entrepreneuriat.

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Le portage salarial, qu’est-ce que c’est ?

En pleine réflexion du gouvernement pour faire baisser le nombre de demandeurs d’emploi, le travail indépendant se place au cœur des réformes comme une solution de choix, une étude d’OpinionWay pour l’UAE montrant que 33% des actifs sont intéressés par le statut d’indépendant pour leur avenir.

Néanmoins, une alternative s’offre aux salariés et demandeurs d’emploi qui souhaitent conserverune certaine sécurité en termes d’accompagnement de proximité et de protection sociale : le portage salarial. Destinée à des activités de services, de formation ou de conseil, cette solution permet à un consultant, par exemple, d’être recruté par une société de portage salarial en vue de réaliser ses missions auprès d’entreprises clientes. La société de portage lui verse un salaire, qui représente en moyenne 48% de ses factures HT, s’occupe de toute la dimension administrative, et l’aide au quotidien à développer son activité, notamment en lui permettant d’étendre son réseau professionnel.

En France, selon Pôle Emploi, on compte environ 250 entreprises de portage, 70.000 salariés portés, le tout représentant 600 millions d’euros de chiffre d’affaires.

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Les avantages du portage salarial

Pour les salariés portés, le principe représente de réels atouts par rapport au statut d’indépendant :

  • La protection sociale : régime général de la sécurité sociale, prévoyance, cotisations retraite, congés payés, assurance chômage et mutuelle d’entreprise font partie du “package” du salarié porté, tandis que les indépendants proprement dits (entreprise individuelle/micro-entreprise, SASU, EURL) n’ont accès qu’à une couverture minime.
  • Une gestion en complète autonomie : le salarié porté choisit ses clients, gère son temps, ses missions et ses honoraires comme il le souhaite. Il élimine ainsi une certaine frustration qui peut parfois être présente chez les cadres, et gère comme il l’entend l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
  • Un accompagnement de proximité et un gain de temps : contrairement à l’entrepreneur indépendant, le salarié porté n’a pas à gérer toute la dimension comptable, fiscale et administrative. La société de portage prend tout en main, apportant une réelle sécurité et un gain de temps effectif.
  • Le réseau professionnel : bien sûr, le salarié porté n’est pas seul dans son entreprise de portage ! Il peut donc échanger et collaborer avec d’autres professionnels au champ d’action similaire, voire bénéficier d’un réseau d’apporteurs d’affaires.
  • Un tremplin : enfin, opter pour le portage salarial peut s’envisager comme un tremplin, par exemple pour un futur indépendant qui souhaite tester le marché, ou pour un jeune diplômé désireux de bénéficier d’une première expérience.

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Les inconvénients du portage salarial

Néanmoins, tout n’est pas rose dans le monde des salariés portés, et la solution peut présenter quelques inconvénients :

  • Un cadre juridique très strict : l’accès au portage est particulièrement réglementé, et ne s’adapte pas à toutes les situations, ni à toutes les professions. Trois contrats doivent être signés (prestation de service, travail et adhésion), le niveau de rémunération est prédéterminé, et la condition de ponctualité des missions auprès des clients est sine qua non.
  • Des frais plus élevés : entre frais de gestions et charges plus élevées, le salarié porté gagne moins que s’il était indépendant. Mais services, accompagnement et protection sociale sont au rendez-vous…
  • Le portefeuille clients n’appartient pas toujours au consultant : si le consultant constitue et gère son portefeuille clients, et, dans la majorité des cas, en est le propriétaire, à lui de bien lire son contrat avec la société de portage pour vérifier que des clauses ne l’empêche pas de récupérer ses clients au moment de créer sa propre société.
  • Le versement d’allocations chômage n’est pas systématique : encore une fois, si en principe le salarié porté cotise en vue de bénéficier des allocations chômage en fin de contrat, charge à lui de bien vérifier les modalités d’hébergement de sa société de portage pour être sûr que l’ouverture de ses droits au chômage ne sera pas compromise.

Pour en savoir plus, consultez les textes de référence liés au portage salarial, à savoir :

  • Code du travail : articles L1254-1 à L1254-31
  • Code du travail : articles L1255-14 à L1255-18
  • Code du travail : articles D1254-1 à R1254-5

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Laurence Jacquin Theodore, Toute la Franchise